Roger Dubuis: quand les savoir-faire et l’innovation donnent du relief au temps
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Avec l’Excalibur Calendrier Perpétuel Birétrograde, Roger Dubuis transforme une complication savante en architecture vivante. Calibre, affichage rétrograde et cadran en couches donnent au temps mouvement et profondeur
Un calendrier perpétuel est d’abord une machine à anticiper. Il reconnaît les mois de 28, 30 ou 31 jours, tient compte des années bissextiles et, une fois réglé, ne réclame normalement aucune correction avant 2100. Chez Roger Dubuis, cette exactitude n’est pourtant pas destinée à disparaître derrière le cadran: elle en devient la composition.
Présentée dans le cadre de Time Journey 2026, la nouvelle Excalibur Calendrier Perpétuel Birétrograde donne corps à une idée directrice de la manufacture genevoise: l’«architecture du mouvement», où la mécanique est pensée autant pour fonctionner que pour produire une présence visuelle.
Une complication fondatrice
Le choix du calendrier perpétuel renvoie directement à Roger Dubuis. Le maître horloger affectionnait cette complication qui traduit mécaniquement les irrégularités de notre calendrier. En 1989, il co-brevète avec le concepteur Jean-Marc Wiederrecht un affichage birétrograde, repris dès les premières collections de la Maison en 1996. La fonction devient alors une signature plutôt qu’un simple mode de lecture.
Sur la pièce de 2026, deux aiguilles parcourent des segments elliptiques disposés à 3h et 9h: l’une indique la date, l’autre le jour de la semaine. Arrivées au bout de leur échelle, elles reviennent instantanément à leur point de départ. Le temps ne tourne plus sagement en cercle; il se tend, se libère et recommence. Ce bref saut anime le cadran et apporte une dimension ludique à une complication réputée austère.
Le temps ne tourne plus sagement en cercle; il se tend, se libère et recommence
La mécanique comme plan
Ce mouvement visible prend appui sur le nouveau calibre automatique RD850, développé et fabriqué au sein de la manufacture. Son système de cames et de leviers reconnaît la durée de chaque mois; un correcteur dédié simplifie désormais le réglage du mois. La réserve de marche atteint 60 heures.
L’architecture ne se réduit pas à l’agencement fonctionnel. Les mécanismes rétrogrades sont portés par des ponts en forme de W, dont les angles rentrants sont polis à la main. Côtes de Genève, perlage, brunissage ou poli miroir figurent parmi les 16 finitions appliquées au calibre. Le Poinçon de Genève vient certifier l’origine genevoise ainsi que les exigences de construction, de finition et de performance. Ici, le moteur de la montre n’est jamais traité comme une coulisse, mais participe à la scène.
Neuf niveaux, un cadran
Cette logique se prolonge au-dessus du calibre. La manufacture dénombre neuf plans, du rehaut à la platine du mouvement. Nacre bleu astral, aventurine, or rose, surfaces azurées ou brossées et ouvertures ajourées composent un paysage plutôt qu’une surface. Les compteurs semblent flotter; les ponts apparaissent puis s’effacent selon l’angle du regard. La profondeur physique devient ainsi une impression de mouvement.
Cette construction en strates évite l’écueil d’un cadran squelette réduit à la seule démonstration technique. Les vides sont ordonnés, les informations hiérarchisées et l’asymétrie maîtrisée. Autour d’eux, le boîtier Excalibur de 40 mm en or rose conserve ses trois cornes et sa lunette cannelée, une silhouette apparue avec la collection en 2005. Le contenant prolonge donc l’architecture intérieure sans chercher à la calmer.
L’astronomie mise en scène
A 6h, une phase de Lune astronomique ancre l’ensemble dans son sujet céleste. Son disque d’aventurine porte une lune en or rose gravée au laser. Réglé sur un cycle de 29 jours, 12 heures et 45 minutes, le mécanisme ne devrait accumuler qu’un jour d’écart après 122 ans. La précision se lit ici dans la matière autant que dans les chiffres.
Le calendrier calcule les irrégularités du temps, les aiguilles rétrogrades les mettent en mouvement et les couches du cadran leur donnent de la profondeur. L’Excalibur Calendrier Perpétuel Birétrograde résume ainsi l’approche de Roger Dubuis: ne pas choisir entre tradition mécanique et expressivité contemporaine, mais faire de leur tension même l’architecture de la montre.
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